La première étape pour apprendre à votre conure qu’elle ne doit pas vous mordre est de vous poser la question “Pourquoi mon perroquet me mord-t-il ?“. Une morsure n’est jamais faite pour “embêter” l’humain; c’est un signal de communication qu’il faut savoir à la fois respecter et limiter ( on ne doit pas non plus se laisser mordre ).
Une morsure peut avoir plusieurs causes. Avant de chercher une logique contextuelle au pincement d’un perroquet, observez si vous pouvez répondre à l’affirmatif à toutes ces questions : Suis-je assez présent(e) pour mon oiseau ou est-il toujours en volière ? Est-ce que je suis une personne fiable à ses yeux ? Est-ce que je réponds à tous ces besoins ? Il y a tant de questions à se poser.. Pour vous aider à mieux visualiser concrètement les raisons qui peuvent pousser une conure à joues vertes à mordre, j’ai créé une liste des éléments qui peuvent expliquer ce comportement :
Comme tous les perroquets, la conure molinae utilise tout un tas de signaux de communication pour se faire comprendre. Nous les humains n’avons pas le même langage, cependant on peut reproduire certains signaux pour échanger avec nos plumeux et par la même occasion, mieux les comprendre. Quelques signaux à connaître :
Il existe tout un tas de signaux, vraiment énormément ! Le tout est de ne pas se baser uniquement sur un seul élément de communication ( les yeux, la patte, les plumes ), mais regarder de façon globale l’allure, les mouvements, les postures, le regard, les vocalises etc.. L’ensemble de tout cela, sans oublier le contexte environnemental qui est associé à ce comportement, donne de précieux indices sur l’état émotionnel de l’animal, ainsi que la suite de ses projets.
Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas dans leur tête, et que l’humain est très facilement sujet à des interprétations erronées. Si vous pensez que tout va bien, que vous approchez et que finalement vous vous faites mordre, c’est qu’il y a quelque chose que vous avez mal interprété !
Essayez de fermer doucement les yeux, et les garder légèrement plissés lorsque vous approchez votre conure, vous envoyez une information de détente qui rendra probablement l’approche plus facile que d’habitude.
Quelque soit la force de pression que met l’oiseau sur votre doigt ( ou nez pour les moins chanceux ), il est strictement inefficace et même contre productif de crier, taper ou faire peur à votre conure pour “lui faire comprendre que mordre est interdit“. Pourquoi cela ne fonctionne pas ? Dans un premier temps, niveau relation, votre oiseau ne vous fera jamais plus confiance, dans un second temps, imaginez que vous êtes face à un perroquet très agressif, pensez-vous que votre cerveau sera plus concentré sur le perroquet qui vous menace ou l’exercice de mathématique que vous étiez entrain de faire ?
La réponse est vite faite, un animal exposé à un danger ( quelque soit son importance ), est en incapacité totale de se concentrer et d’apprendre réellement. Tout ce qu’il apprend avec cette réponse de votre part, c’est que vous êtes une source de danger, ce qui augmente considérablement les réactions d’agression ou de fuite de l’individu concerné.
Si la morsure est mises en place dans un but d’éloignement ( par peur ou inconfort par exemple ), l’erreur vient de VOUS et uniquement VOUS. C’est parfois difficile à accepter, mais un animal qui en arrive à là n’est pas fautif, il réagit simplement au signal de danger que son instinct perçoit. Peut-être que votre approche est trop brusque, rapide, ou que vous approchez trop prêt. On est tous humains et l’erreur est humaine; cependant il ne faut pas se concentrer sur une correction, mais plutôt une modification du contexte pour l’adapter à l’animal et respecter ses tolérances. Une conure, peut vivre entre 20 à 30 ans, il n’y a pas le feu, prenez le temps de lui donner confiance en vous, la confiance se gagne par l’effort et la patience ! On répète les approches, mais toujours à un seuil que l’animal tolère.
Dans le cas ou votre perroquet teste vos réactions en pinçant votre peau sans que vous n’ayez aucune action ayant entraîné cette réaction de sa part, vous pouvez proposer un comportement très efficace en réponse :
N’hésitez pas à reproduire plusieurs fois le contexte de pincement, en adoptant cette attitude jusqu’à ce que votre oiseau adopte un comportement différent. Au moment ou c’est le cas, vous pouvez féliciter, récompenser et redonner de votre attention. L’isolement social ( j’entends le fait de l’ignorer, pas de le prendre et l’enfermer ) est la punition la plus efficace chez ce type de perroquet qui est en recherche constante d’attention.
Parfois le comportement est tellement encré ( à la suite de maltraitances ou de mauvaises habitudes ), qu’il est possible de se faire charger et mordre dès que l’oiseau à la possibilité de nous atteindre ( ouverture de la volière, entrée dans la pièce dédiée… ). Cette situation est très difficile à vivre pour l’humain qui la subit, mais il faut bien garder son calme et se montrer patient(e).
Il faut savoir qu’une habitude prend en moyenne 3 à 4 semaines pour s’éteindre lorsqu’elle n’a plus la possibilité de se reproduire et qu’un autre comportement la remplace. On peut se servir de cette information dans ce contexte, notamment en ayant tout d’abord un listing de tout ce qui déclenche le perroquet dans son attaque. Une fois que vous avez toute la liste des déclencheurs, il faut trouver une parade à chaque situation pour que le comportement A = attaquer ne soit pas possible, et que le comportement B = choisi par l’humain, soit mis en place. Par exemple, avant d’ouvrir la cage, vous fournissez systématiquement une noix à votre oiseau. Le temps de la manger, la cage sera ouverte depuis longtemps et l’habitude de charger des l’ouverture sera progressivement effacée et remplacée par l’attente d’une gourmandise de votre part.
Vous pouvez aussi entamer une désensibilisation à travers la cage ou dans l’espacement d’ouverture de la porte et adapter votre présence au seuil de tolérance de l’oiseau. Encore une fois, si vous avez de grandes difficultés, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un(e) Ornithologue et comportementaliste pour conures, voici un contact de confiance : Margaux DEMAN.